PARASITISME ET LANGAGE : REGARD CRITIQUE SUR L’INFECTIOSITÉ DU LANGAGE CHEZ JOHN LANGSHAW AUSTIN
Palavras-chave:
anormal, (in)félicité, normal, parasite, performatifResumo
Les actes de langage dont la performativité a été mise en évidence, par John. L. Austin dans sa philosophie du langage « ordinaire », sont un point de rencontre privilégié pour distinguer l’acte de langage normal, sérieux ou littéral et celui, d’une certaine manière, parasitaire anormal/non-sérieux/théâtral/poétique,... D’ailleurs, si l’on observe cette distinction, selon Austin, le langage parasitaire, en bon parasite, (anormal, non-sérieux ou fictif), cause des dommages importants chez l’hôte : il étiole l’usage normal du langage ordinaire dans son sens « performatif » (J. Austin, 1970, p. 55). C’est pourquoi il l’exclut de sa théorie de la performativité pour définir un langage normal et sérieux. Cette pensée sera reprise par son disciple John. R. Searle. Comme son maître, il accorde une primauté au langage ordinaire et démontre que l’usage parasitaire du langage dérive de la structure du langage ordinaire. Toutefois, dans sa critique d’Austin et de sa théorie du performatif, Jacques Derrida argue, via l’itérabilité (ou la citationnalité), que le parasitaire est inhérent à toute structure du langage, y compris dans la réalisation des énoncés performatifs. De même, bien avant lui, pour Ludwig Wittgenstein, vue que le langage est une diversité de jeux de langage, il est impossible de séparer rigoureusement le langage ordinaire, dit normal, du parasitaire. Le parasitaire parasite cette classification en montrant que le normal n’est qu’une forme de jeu de langage parmi d’autres, et non une fondation stable, rendant les frontières poreuses et la distinction théorique fragile. Alors, l’exclusion des usages parasitaires du langage (poétique, théâtral, fictionnel,…), par Austin, est-elle une nécessité méthodologique pour fonder sa théorie de la performativité ? Mais cette exclusion du parasitisme dans sa théorie ne limite-t-elle pas la compréhension du langage dans sa totalité ? Le parasitisme (fictionnel, littérarité, l’itérabilité) ne fait-il pas partie intégrante du langage ? Ces questions qui font office de problématique, seront articulées autour d’un plan ternaire inspiré par une démarche heuristique. Ainsi, le premier pan portera sur la philosophie du langage de John Austin pour qui le langage ordinaire, en un sens « performatif », se doit d’exclure toute énonciation littéraire qui rattachée au non-sérieux, au non sincère, à la citation et au langage figuré, est qualifiée de « maladie parasitaire » (J. Austin, 1970, p. 55) qui affecterait l’usage normal et sérieux du langage ordinaire. Le second sera consacré à la théorie de la fiction de Searle. Dans cette théorie, il s’agira de montrer que, en reprenant les travaux de son maître, pour Searle, le langage parasitaire (ou fictionnel) dérive de la structure du langage ordinaire. La dernière articulation entrevoit l’apport de Derrida et de Wittgenstein pour relever que le langage parasitaire est inhérent à toute structure du langage, y compris le sérieux, et de contribuer à asseoir in fine que le langage ordinaire n’est pas exempt de parasitisme.
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