Le corps féminin dans L'amande de Nedjma : entre parole confisquée et parole reconquise
Mots-clés:
écriture érotique ; corps féminin ; désir ; subjectivation ; violence symboliqueRésumé
Dans L'amande (2004), le corps féminin est d'abord le lieu d'une parole confisquée avant de devenir celui de sa reconquête. À travers la confession de Badra, femme marocaine de cinquante ans qui raconte sa vie depuis sa naissance à Imchouk jusqu'à sa fuite vers Tanger, la narratrice met en scène un corps opprimé par les normes matrimoniales et les rapports de domination. Notre hypothèse est que l'écriture érotique ne se limite pas à raconter la sexualité féminine. Elle transforme le corps en le racontant et le fait passer du statut d'objet du pouvoir à celui d'une instance qui désire et qui parle. Cette transformation se lit dans le lexique, la voix narrative, la construction et le rythme des phrases. Au moyen d'une analyse textuelle articulée à une approche sociocritique et féministe, nous mobilisons les apports de Roland Barthes, Michel Foucault, Fatima Mernissi, Pierre Bourdieu et Simone de Beauvoir. Il en ressort que l'écriture du corps désiré constitue un acte de transgression littéraire et un geste d'émancipation politique, qui restitue aux femmes la parole sur leur propre corps sans effacer les ambivalences du désir qu'il met en scène.
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