L’architecture institutionnelle de l’État malgache à l’épreuve de l’esprit des lois : une lecture bourdieusienne des résistances socio-culturelles et de l’habitus politique
Mots-clés:
Séparation des pouvoirs, Habitus politique, Architecture institutionnelle, Résistances socio-culturelles, MadagascarRésumé
Cet article analyse les tensions entre les principes formels de séparation des pouvoirs inspirés de Montesquieu et les pratiques politiques réelles à Madagascar, façonnées par un habitus politique profondément ancré dans l’histoire sociale et culturelle. À travers une approche combinant anthropologie politique, histoire institutionnelle et sociologie bourdieusienne, nous montrons comment les logiques de parenté, de fihavanana (est une conception malgache du vivre-ensemble fondée sur la solidarité, la parenté symbolique et l’harmonie sociale.), de clientélisme et de reconnaissance symbolique contrecarrent ou réinterprètent les normes juridiques modernes. L’étude couvre quatre périodes clés : clanique, royale, coloniale et post-indépendance (jusqu’à la quatrième République). Les résultats révèlent que l’architecture institutionnelle malgache n’est pas seulement un héritage colonial ou une imitation mimétique mais un espace de luttes où coexistent rationalité juridique et rationalité sociale. La compréhension de ces dynamiques est essentielle pour penser des réformes institutionnelles adaptées à la réalité locale.
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